26 août 2009
Des mesures difficiles pour le chômage
La Belgique est un des rares pays (en fait, je n'en connais pas d'autres mais je préfère ne pas faire d'affirmation péremptoire) où le chômage n'est pas limité dans le temps. Cela doit cesser !
Qu'est-ce que le chômage ? Le chômage est la période pendant laquelle une personne en âge de travailler se retrouve sans emploi. Le mot chômage recouvre des situations très variées. Il y a le jeune qui sort de l'école et n'a pas encore trouvé son premier emploi mais aussi des personnes qui ont perdu leur emploi et en cherche un autre. Dans cette catégorie, il y a les chômeurs âgés, dont les perspectives de réemploi sont bien minces. Il y a des gens qui y restent au chômage à peine quelques semaines et d'autres qui y demeurent des années, pour ne pas dire toute leur vie. Il y a tous ces enseignants "temporaires" que la Communauté Français remet au chômage pendant les vacances pour les réengager en septembre. Le chômage, sous une définition simple, regroupe des réalités diverses et multiples et je trouve qu'on a trop vite tendance à mettre tout le monde dans le même chapeau.
Il me semble tout à fait normal qu'un jeune qui démarre dans la vie puisse compter sur une allocation en attendant de trouver son premier emploi. Je sais pour l'avoir connu qu'il est parfois très difficile de décrocher un premier emploi. De nombreux employeurs attendent des jeunes des choses inconciliables, comme par exemple avoir moins de 25 ans, un diplôme universitaire et 5 ans d'expérience... Comment voulez-vous qu'un jeune prenne de l'expérience si personne ne lui donne une première chance ? Il faut permettre aux jeunes de se lancer dans la vie car ce sont eux qui permettent à la société de se renouveler. Par contre, je n'appellerais pas ça "chômage" mais "allocation d'insertion professionnelle", ou quelque chose dans le genre.
Il me semble aussi normal d'aider une personne qui perd son travail pour des raisons qui ne dépendent pas d'elle. Je suis sans pitié pour les gens qui ont commis des fautes professionnelles graves prouvées (je sais que certains patrons abusent de cette catégorie, je ne suis pas naïf, et la justice est là pour ça). Mais la solidarité doit jouer pour les gens qui ont perdu leur boulot de manière honnête. Elle doit leur permettre de continuer à vivre (même si c'est avec un train de vie réduit) et de garder leur dignité tout en cherchant un nouveau poste.
Je compatis sincèrement pour les personnes plus âgées qui sont virées pour des raisons parfois obscures. Soyons réalistes, les plus de 50 ans ont souvent plus de mal que les jeunes pour trouver un emploi. Il y a plusieurs raisons à cela, mais je ne m'y attarderai pas ici. Ces gens là, qui ont travaillé une grande partie de leur vie, ont également droit à notre solidarité.
Par contre, je serais sans pitié avec les tricheurs !
Par "tricheur", j'entends les personnes pour qui être chômeur est un métier comme un autre. Ils estiment qu'il vaut mieux se contenter des allocations à ne rien faire plutôt que de se fatiguer à travailler. Le chômage, le statut de chômeur doit forcément être quelque chose de provisoire. C'est le statut de quelqu'un qui accepte la solidarité sans en profiter, et qui cherche réellement à s'en sortir.
Je suis affilié à la FGTB et je vois leurs affiches concernant la "chasse aux chômeurs". Je dois bien constater que je suis en désaccord avec leur rhétorique. Il n'y a pas de "chasse" aux chômeurs, seulement des contrôles tout à fait normaux. A une époque, j'ai multiplié de courtes périodes de chômage. Au final, j'avais cumulé trop de jours et j'ai été convoqué par l'ONEM. J'ai bien râlé car mon dossier montrait bien que je cherchais du boulot puisque je trouvais des intérims de manière régulière. Mais j'ai bien rigolé en voyant des gens qui prenaient la file du pointage pour le dernier salon mondain et qui, subitement, devaient rendre des comptes à la société.
Face à ce constat, une conclusion s'impose : le chômage doit devenir temporaire ! Il ne doit intervenir que pour les gens qui perdent leur emploi, le temps pour eux d'en trouver un autre. On peut discuter de la durée : 1 ans ? 2 ? Peut-être 3 ? Modulable en fonction de la formation ? Il va falloir prendre des mesures difficiles, car impopulaires, mais nécessaires. Il va falloir trouver des modes clairs mais souples pour déterminer le droit au chômage de chacun. Mais l'objectif doit être clair : éliminer les parasites, les chômeurs professionnels !
Et qu'arrivera-t-il pour ces gens-là ? Les laissera-t-on sans rien ? Tout d'abord, il faut relativiser. La majorité des chômeurs sont honnêtes et volontaires. J'en connais qui seraient bien allés cagoulés au pointage tellement ils avaient honte (je l'aurais volontiers fait moi-même) et qui multiplient les démarches pour retrouver un emploi, avec parfois trois rendez-vous par jour ! Les tricheurs, les parasites sont une minorités. Et pour ceux-là, prévoyons une "allocation de base", minimale. Elle doit leur permettre de survivre avec le minimum de dignité, mais sans plus.
On pourra me trouver dur, mais cette dureté part d'un constat : si un tas de gens se complaisent au chômage c'est que le différenciel entre le chômage et un vrai salaire est bien souvent trop mince. Les gens qui ne sont pas motivés à travailler s'accomodent facilement d'une perte de 200€/mois si c'est pour ne rien faire. Et puis, il est tellement plus facile de travailler au noir. Je ne râle pas ici sur les petits indépendants qui font un peu de noir parce que les impôts sont trop élevé. Ceux-là sont victimes du système comme les employés surtaxés. Ma cible, ce sont les gens qui mènent toute leur carrière au noir en touchant le chômage. Ceux-là méritent des condamnations exemplaires !
Pour les gens de bonne foi qui ne trouvent rien après deux ou trois ans, on peut trouver des solutions. La plus évidente semble être une réorientation, avec des formations gratuites. Cela existe déjà mais trop peu de gens y ont recours. On peut aussi proposer des travaux d'intérêt général. On manque de personnel dans un tas de secteurs. Je préfère employer quelqu'un à se rendre utile plutôt que le payer à ne rien faire. Pour les manuels, il y a la manutention du mobilier urbain, le nettoyage public... Pour les gens avec une formation intellectuel, il peuvent aider dans l'administration. Ils auraient le choix entre une solidarité active tout en se rendant utile ou une solidarité minimale s'ils préfèrent se tourner les pouces.
Pour les gens motivés, on trouvera toujours une solution, même en temps de crise ! L'économie ne doit jamais être un frein à l'épanoissement personnel. Pour les fainéants, il faudra affronter la dure réalité et renoncer à son petit confort.
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Commentaires
Des mesures difficiles pour le chômage:
Bonne analyse!
Le chômage ne devrait être qu'une aide, un coup de pouce TEMPORAIRE pour celui qui a perdu son emploi.
Je partage votre constat et votre analyse à propos des tricheurs.
Pour ce qui est de la durée du chômage, compte tenu de ce que les situations peuvent varier, on peut envisager une modularité de la durée en fonction de critères objectivables: la conjoncture économique (en mauvaise conjoncture, il est moins aisé de retrouver rapidement un emploi...), le profil professionnel du chômeur (occupait-il un emploi de "niche" => pourrait-il facilement et sans reconversion retrouver un emploi similaire?), le chômeur souhaite-t-il se reconvertir et entamer une formation? Si oui, de quelle durée? Etc.
Bref, on pourrait dire que de-facto quelqu'un qui se retrouverait au chômage pourrait bénéficier durant 6 mois - 1 an du chômage et que par la suite, les critères objectifs intervenant, l'on déterminerait comment et pour quelle durée son chômage devrait être prolongé si d'aventure il est toujours sans emploi...
Bien sûr cela serait assorti d'un suivi régulier pour s'assurer que le chômeur respecte le "contrat"; par exemple: s'il a été prolongé pour suivre une formation, on s'assure qu'il la suit effectivement; s'il rate... il perd son droit au chômage, sauf s'il peut se justifier (maladie, ...)
Dans la même veine, il faut réformer les CPAS et la façon dont l'aide sociale est dispensée... il n'est pas normal que des gens (y compris des tricheurs) exclus du chômage puissent comme cela simplement entrer dans un CPAS et recevoir à nouveau un revenu...
Le CPAS ne devrait pas donner de l'argent, mais ne dispenser sont aide que sous la forme d'aides matérielles (logement, chauffage, nourriture, etc.).
Le passage au CPAS signifierait une sorte de mise sous curatelle de l'individu: on le met à l'abri de ses créanciers, on le soutient matériellement et on veille à ce qu'il puisse se réinsérer dans le circuit normal. Dès que c'est le cas, il sort de la curatelle et reprend un (par)cours de vie "normal" et entame le remboursement de ses créances selon le règlement prévu durant la curatelle.
Exemples:
a) Un indépendant fait faillite. Il n'a plus de revenu et des dettes; n'ayant pas droit au chômage, il demande de l'aide au CPAS. Le CPAS le met à l'abri de toute poursuite pour règlement de ses dettes éventuelles (souvent le cas après une faillite); il est aidé matériellement (chauffage, nourriture, etc.) et un plan d'apurement de ses dettes est mis en place (gel de toute procédure, intérêts de retard, etc.) et dans le même temps, on l'aide à se remettre le pied à l'étrier (soit une formation, puis une recherche d'emploi, soit il remonte une affaire et cherche si nécessaire un financement)... Quand il est à nouveau au travail et en état de percevoir un revenu, il reste encore qques mois "en observation", mais le cours normal de sa vie et de ses affaires reprend simplement... Cette parenthèse lui a permis de passer le cap tout en restant, par exemple: propriétaire de sa maison...
b) Un fraudeur a été exclu du chômage et vient frapper à la porte du CPAS.
Le même régime lui est appliqué que pour l'indépendant à cette différence: il restera sous curatelle, même s'il retrouve un travail: son revenu est perçu par le CPAS qui rembourse le sécurité sociale des montants qu'il a perçu induement (majorés des éventuelles amendes, frais de justice etc.) et lui verse le surplus (s'il en reste). Une fois sa dette remboursée, il quitte la curatelle et reprend un cours normal d'activités et apure les éventuelles autre dettes qu'il aurait pu avoir et qui avaient de par la curatelle été mis en règlement collectif.
Dans ma conception des choses, le CPAS doit être le dernier rempart, mais un rempart infaillible. La misère ne devrait plus exister dans nos sociétés.
Les gens doivent aidés dignement, sans en faire des assistés, mais en les responsabilisant. Ils doivent rester les acteurs de leur réussite ou les seuls responsables de leur déchéance! Les comportements déviants (les tricheurs) devraient être sanctionnés sévèrement par, précisément, une mise sous curatelle forcée au cours de laquelle une partie plus ou moins importante des revenus du tricheur serait réaffectée au remboursement des aides induement perçues.
Salutations,
Soltan Griss
Ecrit par : Soltan Griss | 28 octobre 2009
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