01 septembre 2009
Défendons le service public !
L'affaire du bureau de poste de Louvain-la-Neuve a déjà fait couler beaucoup d'encre. Et il y a fort à parier que ce n'est pas fini. Derrière ce qui pourrait passer pour une anecdote se cache un des concepts fondamentaux de la société européenne : le service public.
Depuis la chute de l'URSS et des régimes politiques qui lui étaient associés, le capitalisme avance sans rival ou presque. Depuis qu'il n'y a plus de contre-modèle, le modèle unique s'est érigé en dogme. Quiconque ose défier les prêtres du capitalisme se voit raillé, moqué, écarté... Les alter-mondialistes passent pour de doux rêveurs. Les partisan de la décroissance ont beaucoup de difficultés à faire passer leur message, pourtant très intéressant voire salutaire. Adam Smith est devenu l'égal d'un dieu, ses lois de l'économie capitaliste étant devenues les égales des lois de la nature. Le petit combat que mènent des néo-louvanistes pour sauver leur bureau de poste est une petite illustration du phénomène et des résistances qui lui sont heureusement opposées.
Rentabilité ! C'est le mot clé de ce début de XXIe siècle. Plus personne ne parle en terme d'utilité, ni même d'efficacité, mais uniquement en terme de rentabilité. Pour exister, un projet doit être rentable, il doit générer plus de bénéfices qu'il n'engendre de coût. La doctrine libérale-capitaliste s'applique à tout. Autrefois, seules les entreprises privées devaient être rentables. Une bonne partie des activités de l'état et d'organismes qui y sont liés n'étaient pas tenus de respecter ces critères de rentabilité. Ils avaient des activités non-rentables au nom d'un concept : le service public !
Le service public est une notion à la fois floue et très utile. Tout le monde voit ce que c'est sans pouvoir le définir de manière 100% satisfaisante. Le service public, c'est une conception de la société qui place les intérêts de la communauté et de certains groupes de personnes avant les intérêts économique et les sacro-saintes lois de l'économie de marché. Le service public, c'est poser une fois pour toutes que chaque citoyen a droit à un minimum de services de la part de la communauté, quelle que soit la rentabilité de ce service.
Le bureau de poste de Louvain-la-Neuve était jadis protégé par cette notion de service public. Aujourd'hui, c'est fini. Les services postaux sont ouverts à la concurrence et la Poste se doit d'être rentable... Rentable ! Le vilain mot est lâché ! Comment peut-on concevoir que la ville hébergeant la plus grande université de Wallonie soit privée de bureau de poste ? Quid des milliers d'habitants et d'étudiants ?
Et demain ? On pourrait supprimer toutes les lignes de bus non rentables, laissant l'Ardenne de côté. Pourquoi ne pas arrêter d'entetenir les routes peu fréquentées ? Tant pis pour les riverains, ils ne sont pas rentables ! On pourrait aussi arrêter complètement la recherche sur les maladies orphelines, dont les coûts ne seront jamais rentabilisés. Et tant pis pour les malades qui n'avaient qu'à développer une pathologie répandue.
Cette logique de la rentabilité m'écœure au plus haut point !
09:13 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : service public, libéralisme




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