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03 février 2010

Le sens de la vie ? Voici l'ultime réponse.

Bon, d'accord, le titre est un peu prétentieux... juste un peu... Et les âmes sensibles feraient bien de ne pas lire ce qui suit sous peine de se mettre à pleurer.


La question du sens de la vie est récurrente en philosophie. On peut même dire que ce n'est pas juste une question importante mais une des deux ou trois questions centrales. Que ce sont d'un point de vue causal, systémique, téléologique ou autre, toute activité philosophique peut se ramener à la question du sens de la vie. Que l'on s'intéresse à la politique, à la morale, à l'esthétique, à la métaphysique ou à la logique, on est obligé de se poser cette question cruciale :

Quel est le sens de la vie ?

J'ai pas mal réfléchi à la question. J'ai également beaucoup lu, non pas pour adopter une position prête à l'emploi mais plutôt pour pouvoir me positionne plus efficacement. Aujourd'hui, je pense pouvoir donner une réponse à cette question. Il me semble que cette réponse est correcte. Elle est vraie dans le sens où elle correspond à la réalité. Par contre, je crains pour beaucoup de personnes la rejettent pour diverses raisons. Les gens à l'esprit faible, en particulier, ne pourront pas accepter la réponse que je donne. Elle leur ferait trop mal. Foin de discussions, voici donc la réponse :

Quel est le sens de la vie ? Aucun, la vie n'a pas de sens !

Choqués ? Je vous avais prévenu qu'elle est difficile à avaler. Surpris ? Je comprends, mais je reste certain de la justesse de ma proposition. Déçus ? Alors c'est que vous aviez déjà compris par vous-même et je vous félicite !

Je pense donc sincèrement que la vie n'a pas de sens. Pour commencer, l'univers tout entier n'a pas de sens. L'univers était, il existe et il devient. Il obéit aux lois de la nature, aux lois de l'univers, donc à ses propres loi. Pas de cause première transcendante, pas de but final glorieux, pas de chemin privilégiés. Il n'y a aucun sens dans l'être plutôt que dans le non-être, aucune raison supérieure au comme-ci plutôt que que comme-çà. L'univers est ce qu'il est, à nous de l'accepter ou d'aller commander une camisole de force.

La vie sur Terre, au sens biologique, n'a pas plus de sens que l'univers. Elle résulte de circonstances particulières qui lui ont permis d'éclore. Elle n'en est pas moins belle (cf la spiritualité athée). Cette vie est une propriété émergente de processus physico-chimiques banals mais qui, ordonnés d'une certaine façon, semblent défier les lois de la thermodynamique. Les fleurs dans mon jardin sont magnifiques, mais elles n'ont pas de signification intrinsèque. Ce sont des fleurs, très belles, et mon épouse aime s'en occuper. Mais du sens ? Non, je n'en vois pas.

Il en va de même de nos existences à nous, pauvres mortels. Quel sens à notre vie ? Notre passage sur ce bout de roche et de métal couvert d'eau, de terre et d'air dure quoi, 80 ans ? 100 ans ? Une paille à l'échelle cosmique. Nous ne sommes rien, ni en temps, ni en espace, ni en masse, ni en énergie (ce qui est la même chose). Notre présence ici-bas n'a aucun sens. Elle a des causes, nos parents, et elle a un but, chacun a ses propres buts (sauf les idiots). Mais elle n'a pas de signification profonde. Les vendeurs d'arrière-monde aimeraient nous le faire croire, ils sont heureusement en train d'être vaincus (en tout cas en Europe).

Certains diront que ma vision des choses est sombre, noire, pessimiste... Il n'en est rien. Ma pensée est tragique, cynique, matérialiste, réaliste. Et je l'assume avec fierté. Certains philosophes du café du commerce me qualifieront de nihiliste. Je les invite à se renseigner sur la signification réelle de ce terme. Je ne dis pas autre chose que ce qui me semble être la réalité : la vie n'a aucun sens. Est-ce pour cela qu'il faut se lamenter ? Surtout pas ! Et même : rejouissons-nous de cette absence de sens !

Si la vie avait un sens, qu'en serait-il de notre liberté ? Ne serions-nous que des pantins dans les mains d'un démiurge, d'une force surnaturelle. Serions-nous condamné à une errance éternelle dans la samsara ? Que nenni ! Il n'est même pas besoin de réfuter ces sornettes. Faisons-en fi, oublions-les et elle pourriront à leur place : dans les poubelles de l'histoire. Notre vie est courte et n'a pas de sens, mais au moins c'est notre vie. Elle est notre bien le plus précieux. Et c'est parce qu'elle n'a pas de sens préétabli que nous en faisons ce que nous voulons. Nous sommes libres, dans les limites des lois de la nature. Quel plus beaux cadeaux pouvions-nous espérer ? Et le meilleur, c'est que ce n'est pas un cadeaux mais une simple constatation, un fait indéniable. Nous pouvons donner à notre vie le sens que nous souhaitons. Nous pouvons rire ou pleurer, travailler ou paresser, assister à un match de foot ou lire La Mettrie, accompagner le canard avec un Graves ou opter pour une trappiste qui ira très bien avec le steak au poivre.

L'absence de sens à notre vie est la chose la plus merveilleuse qui devait être, profitons-en !

Commentaires

Je suis ni surpris ni déçu, j'acquiesce car le fonds est juste. J'ai une question ; pourriez vous développer ceci : "Les gens à l'esprit faible, en particulier, ne pourront pas accepter la réponse que je donne. Elle leur ferait trop mal" J'ai ma petite idée mais encore.....

Ecrit par : Buggenhout François | 04 février 2010

J'ai constaté que de nombreuses personnes croyaient à la vie après la mort parce qu'ils ne peuvent tout simplement pas accepter l'idée de leur propre fin. Ils n'arrivent pas à concevoir que la conscience puisse s'éteindre, que ce soit la leur ou celles de proches. Pour moi, c'est un signe de faiblesse. Un caractère bien formé n'a pas de problème pour accepter le fait qu'il disparaîtra un jour. La vie a un début, un déroulement et une fin. Mais cette réalité tragique est dure à avaler si on a pas un caractère bien trempé.

Il en va de même pour le sens de la vie. Les caractères forts peuvent tout à fait accepter l'idée que la vie n'a pas de sens intrinsèque. Ils conçoivent que la vie a uniquement le sens qu'ils lui donnent et ils font de leur mieux pour en faire quelque chose de digne. Il me semblent que des caractères plus faibles auront du mal à accepter cette absence de sens transcendant. Ils chercheront à tout prix LA réponse, ultime et absolue. Et comme ils n'en trouveront pas, ils seront prêts à accepter celles que des maîtres à penser leur fourniront toutes prêtes. Ma proposition, par contre, risque bien de les rebuter du fait de leur propre échec à donner du sens à leur vie. Ils la verront comme un pessimisme inacceptable là où les esprits forts verront une chance de s'épanouir.

Ecrit par : Le Sanglier | 04 février 2010

Que pensez vous du principe d'émergence appliqué à la pensée noosphérique ?
Cela postulerait l'apparition de la vie à partir du minéral, de la pensée à partir de la vie et de l'âme à partir de la pensée...

Ecrit par : Quidam | 04 février 2010

>> Concernant les "propriétés émergentes", voir aussi ma note sur la spiritualité athée.

La noosphère est un concept extrêmement séduisant. C'est typiquement le genre de chose auquel on aimerait croire. Mais ça ne suffit pas pour en faire une vérité. En fait, tout dépend de ce qu'on entend pas "noosphère".

Si par là on entend une sorte de connexion mystérieuse unissant tous les hommes dans une communion universelle, je réponds que c'est juste un délire de baba-cool shooté au cinq feuille. Ou alors c'est la dernière expression de la vague new-âge. Bref : c'est du n'importe quoi.

Par contre, si on analyse les choses plus scientifiquement, on peut arriver à quelque chose de satisfaisant. Si par noosphère on entend la somme des pensées de tous les humains, unies par les moyens de communication de l'époque, alors je suis d'accord. Cette noosphère a probablement commencé à émerger de manière locale et est devenue de plus en plus globale au fur et à mesure que les moyens de communications devenaient plus rapides et efficaces. Le fait que l'idée d'évolution des espèces soit apparue chez des personnes différentes à la même époque relève sûrement de ce phénomène. Elle est était dans l'air du temps. Et les miracles de la pensée que sont la Grèce et la Chine antiques sont probablement dûs au même genre de phénomène.

On retrouve cette notion dans ce qu'on appelle "inconscient collectif" ou "mémoire collective", ou même "opinion publique". Dans ce sens là, je pense qu'on peut effectivement dire qu'il existe une noosphère, et qu'elle est de plus en plus active.

Ecrit par : Le Sanglier | 04 février 2010

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