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08 février 2010

Le permis de séjour à points

L'Italie lance le permis de séjour à points. Et la réaction est immédiates : gauchistes cons et fachos ingnares se lancent dans un concours d'invectives sans chercher à comprendre le projet. Je propose une analyse à tête réposée, sans tabous ni oeillères.


Tout d'abord, voici l'article qui m'a appris l'existence de ce projet. Je ne reviendrai donc pas sur des détails déjà explicités par ailleurs.

http://abonnes.lemonde.fr/europe/article/2010/02/06/en-italie-les-etrangers-auront-un-permis-de-sejour-a-points_1301943_3214.html#ens_id=1191686

Je propose d'examiner le projet en deux phases : tout d'abord, sur le principe, et ensuite sur les modalités d'application. Je pense qu'un projet de loi devrait toujours être examiné de la sorte, par souci d'objectivité. Et avant d'aller plus loin, une petite précision s'impose : les citoyens de l'UE ne sont pas concernés par le projet. Les traités européens fait que nous ne sommes pas réellement étrangers en Italie. Donc, par "immigré" ou "étranger" il faut comprendre "immigré non-UE" et "étranger non-UE". Cela dit, je n'y reviendrai plus. Passons à l'analyse.

Tout d'abord, le principe. Chaque étranger arrivant en Italie se voit remettre un permis de séjour, comme partout ailleurs dans le monde. La différence, c'est que ce permis doit être complété avec des points. Ces points se gagnent et se perdent en fonction des actes posés par l'immigré. S'il commet des actes répréhensibles ou jugés incompatibles avec une bonne intégration, il perd des poins. S'il pose des actes montrant sa volonté et sa capacité à s'intégrer, il gagne des points. A la fin d'un délai déterminé, son nombre de points doit atteindre un quota. Si le quota est atteint, on considère qu'il a réussi son intégration et il peut rester dans le pays. S'il n'a pas atteint son quota, il devra repartir.

Jusque là, je ne vois pas où serait le problème. Je dis même bravo ! Ce système est d'une logique implacable. Il permet de motiver l'immigré à s'intégrer tout en facilitant l'évaluation de ses efforts par les autorités. Enfin un système où l'intégration est mesurée selon des critères objectivés. Or, les critères objectivés sont justement ce que réclament les anti-expulsions de tous poils. Ici, tout est clair, net, précis. Tu veux rester ? Voici ce que tu dois faire et ce que tu ne dois pas faire. Tu as un délai pour y arriver, bonne merde ! Je le redis : BRAVO !

Passons maintenant aux modalités d'application, car une bonne idée peut être dénaturée dans les faits. A ce niveau, on sera attentif à la personnalité du ministre en charge du projet : un membre de la xénophobe Ligue du Nord. Mais je pense qu'on ne doit pas juger les actes selon les hommes qui les posent mais les hommes en fonction de leurs actes ! Laissons à cet homme le bénéfice d'un doute attentif...

Voici quelques actes qui rapporteront des points : apprendre ou parler l'italien, inscrire ses enfants à l'école, trouver du travail... Jusque là, rien à redire. Il reste à espérer que des critères subjectifs et/ou irréalistes ne seront pas ajoutés. Du côté des points perdus, il faudra faire attention à ne pas commettre de délits. Cela aussi me semble normal. Bref, les immigrés qui s'intègrent, trouvent du travail et respectent la loi pourront rester. Que demander de plus ? On pourrait ajouter des critères tels que la connaissance de l'histoire et des institutions du pays, le respect de certaines coutumes ou encore l'implication dans le monde associatif.

Il faudra veiller aussi à ce que la pondération des points soit honnête. S'il faut accumuler 30 points en 2 ans et que trouver du travail ne rapporte que 10 points, je trouve ça dur. De même, si un excès de conduire faisait perdre 20 points, ce serait exagéré. Tout sera une question d'équilibre. Il faut que le quota soit atteignable tout en n'étant pas trop facile à atteindre. C'est là que réside la vraie difficulté. Selon les modalités d'application, on pourra juger de l'objectif réel du ministre : faciliter l'intégration ou la rendre impossible.

Ajoutons enfin qu'une deuxième chance, un délai supplémentaire, pourra être accordé à des personnes fournissant des efforts mais dont on juge qu'ils sont légèrement insuffisant. Bref, une mesure pleine de bon sens et d'humanité.

Sincèrement, j'attends avec impatience l'instauration du même système en Belgique !

Commentaires

vous qui vous prétendez être très objectif...et je dois avouer que les arguments CHOISIS par vous pour votre analyse sont analysés de manière assez objective, ce qui peut tromper: pourquoi avez-vous évité d'analyser le critère du redublement des enfants?

autant je suis d'acc qu'un séjour en prison diminue les points, autant je me sens profondémment choquée en tant que parent que l'on vous expulse d'un pays juste parce que vos enfants redoublent...car en additionnant les points, il n'est pas impossible qu'une famille se retrouve dans ce cas. votre "objectivité " aurait été plus complète si vous aviez inclu cet important critère dans votre analyse.

Ecrit par : nina01 | 09 février 2010

J'imagine déjà le tollé en Belgique rien que par l'application linguistique : apprendre le néerlandais dans les communes flamandes à facilités, les FDF crieront au fascisme !

Ecrit par : Stéphane Dohet | 09 février 2010

@ Nina : Vous n'avez pas envisagé l'espace d'un instant que, simple blogueur, je n'étais pas au courant de ce critère ? Et ma distinction entre principe et modalités d'application, vous ne l'avez pas lue ? Non, vous ne connaissez pas les règles du débat d'idées.

Vos interventions sont vraiment malhonnêtes. Je finirais presque par prendre vos critiques comme des compliments...

Ecrit par : Le Sanglier | 09 février 2010

@ Stéphane : sur le fond, d'accord. Mais on ne peut pas restreindre la mobilité des citoyens européens.

Ecrit par : Le Sanglier | 09 février 2010

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